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Cambrai St-GéryEglise Saint Géry St Géry Paroisse Bâtiment doc
L’EGLISE SAINT GERY de CAMBRAI
1. HISTOIRE DU MONUMENT
ORIGINE
L’église Saint Géry - Saint Aubert est le monument religieux le plus vénérable de notre ville. Son origine remonte aux premiers siècles du christianisme. Pendant l’occupation franque de Clodion au V° et surtout sous la domination de Ragnacaire, il y eut des persécutions contre les chrétiens. A la mort de ce roitelet qui avait refusé d’obéir à Clovis, ses Terres furent annexées par ce dernier et on dût remplacer l’église primitive 520 Les mémoriaux situent son origine au VI è siècle, du temps de l’évêque saint Vaast. Saint Géry est évêque de Cambrai en 584. On sait par ailleurs, avec certitude que Saint Aubert y fut inhumé en 670 et après lui de nombreux évêques : c’était l’église Saint Pierre.(Des fouilles archéologiques en 1987 ont peut-être permis de remettre à jour sa sépulture .)
Des églises mérovingiennes et carolingiennes, placées sous le patronage de Saint Pierre, puis de Saint Pierre et Saint Paul, qui se sont succédées, on connaît peu de choses. 996 Des incendies détruisirent en partie cette église notamment ceux de 996 et 1099 Elle fut reconstruite par Erluin, évêque investi le premier du Comté de Cambrésis.
A son caractère de « Paroisse Première » de la ville, l’église avait entre temps ajouté celui d’abbatiale depuis qu’en l’an 1065, l’évêque Liebert avait établi en ce lieu, des chanoines réguliers de l’ordre de St Augustin en remplacement du chapitre séculier du Latran qui existait jusque là 1148 Mais c’est après le sinistre de 1148 qui ravagea l’église, l’abbaye et le Palais épiscopal que l’on songea à une reconstruction totale .On travaillait à la reconstruction, deux ans après, lorsqu' un nouvel incendie allumé par des gens de guerre qui avaient envahi Cambrai, détruit tout ce que l'on avait relevé de l'édifice depuis le précédent désastre. 1164 L’église romaneL'abbé Gauthier en entreprend à son tour la reconstruction, Nicolas de Chièvres, 38e évêque de Cambrai, ami de Saint Bernard et premier fondateur de l'ancienne Métropole, la consacre en 1164 en ajoutant aux patronages de Saint-Pierre et de Saint-Paul celui de Saint-Aubert. 1160 Adjonction d’un vaste choeur pour les religieux
C’est à cette époque que Lambert Waterlos entré à l’abbaye en 1118 écrivit l’histoire du monastère depuis 1118 jusqu’à 1170.
L’église romane occupait l’emplacement de l’actuel bâtiment mais elle était plus petite et son orientation plus inclinée vers le nord que cette dernière. Elle subsista, au moins partiellement, jusqu’en 1697. 1545-1630 1543 [1] le choeur menaçait ruine et mettait la vie des religieux en péril. L'abbé Michel de Franqueville entreprend alors de remanier et d'agrandir l'église sans toutefois modifier la nef vénérable et les bras de la croix.[2]
Le choeur gothiqueIl fut décidé que l’église du XII° siècle comporterait un choeur gothique. L'évêque Robert de Croy pose la première pierre de cette reconstruction le 24 Avril de l'année 1543. Le même abbé fait commencer, deux ans après, un jubé, de style gothique, qui porte d'ailleurs ses armes et qui est placé à l'entrée du nouveau choeur qu'on consacre le 1er Mai 1550. Le baroqueLes deux bras de la croisée romane avaient été conservés : leur reconstruction fut l’oeuvre de l’abbé Jérôme Milot. Les travaux débutèrent en 1634 et furent complétés en 1639 par l’élévation d’une tour lanterne de 60 pieds de haut. Dans l’esprit des nouvelles constructions d’un esprit baroque, l’abbé Milot fit placer en 1635 un nouveau jubé, celui que nous pouvons voir encore aujourd’hui dans le fond de l’église
1697 « A la fin du XVIIe siècle, l’église de l’abbaye Saint Aubert avec son choeur gothique, son antique nef romane dont la façade était encadrée de deux tourelles présentait un ensemble d’éléments disparates.[3] En 1697, Henry Denis, 34e abbé de Saint Aubert rompant avec la tradition jalousement gardée par ses prédécesseurs prit la décision de démolir l’antique nef, pour en faire une nouvelle plus longue et surtout élargie par l’adjonction de deux bas cotés.[4] Eglise classiqueLa reconstruction est confiée à Antoine Caby qui exécute, en fait, les plans de Jean Volant, sieur Desverquains, ingénieur et architecte du Roi Louis XIV
C’est l’abbé Joseph Pouillaude qui acheva cette première tranche de travaux en faisant élever une tour porche en pierre de 50 mètres de hauteur au-dessus de la première travée de la nef. Mais les piliers sur lesquels elle repose n’ont pas le renforcement désirable pour en supporter le poids.[5] 1727 Ce n’est qu’en juin 1727 que l’abbé de Saint Aubert fit achever cette tour et construire la flèche d’environ 27 mètres qui la surmonte, une charpente recouverte d’ardoise et des éléments décoratifs dont la lanterne étaient dorés à l’or. 1739-1745 Le choeur gothique menaçant ruine, l’abbé Tahon en entreprit la reconstruction totale. De même style que la nef, choeur et croisé ont une ampleur bien plus grande et constituent la plus belle partie de notre église 1829 En 1829, on reconstruit l’arc ogival du mur est de la tour ou s’était produit une grande lézarde. Le jubé qui se trouvait directement accolé au mur intérieur ouest de la tour est avancé d’une travée afin d’être mieux éclairé. En outre l’entrée du clocher obstruée par l’orgue est dégagée : ce dernier avancée au niveau du jubé lui sert désormais de piédestal. Cela permit en plus, remplacer la troisième cloche. 1878 On exécute à nouveaux des travaux de consolidation. On stabilise le sol à 12 mètres de profondeur sous la tour Toute l’entrée est remaniée
189...? Les murailles extérieures et intérieures de l’édifice sont complètement grattées: ce qui le fait apparaître presque neuf Est-ce à cette époque qu’ont disparu les peintures et les fresques qui ornaient l’église, en particulier les fresques de la Sainte Trinité de la coupole du transept et les 4 évangélistes qui décoraient les 4 tympans ? 1914-1918 La guerre de 1914-1918 a causé de nombreux et graves dommages, des obus britanniques s’abattirent sur la façade, le grand choeur. Lors de la reprise de la ville par les canadiens, en octobre 1918, un obus ayant brisé l’un des huit arcs-boutants qui assurent l’équilibre de la coupole du ciborium, celle-ci a basculé quelques mois plus tard (1919). Un mur fut élevé entre la nef et le transept. Le culte fut maintenu dans la nef 1919 Le 7 Novembre 1919, l’église Saint Géry à Cambrai est classée « Monuments Historiques de France » Treize années furent nécessaires pour remettre en état l’édifice 1919 Le 7 Novembre 1919, l’église Saint Géry à Cambrai est classée parmi les « Monuments Historiques de France » Treize années furent nécessaires pour remettre en état l’édifice 1920 à 1933 Après la guerre, restauration du transept - Ciborium, les toitures, le choeur, les dallages, les vitraux. 1933 Le Vendredi 5 Mai 1933 - pour la première fois, on célèbre la messe dans l’église restaurée. La réouverture solennelle fut effectuée le 17 septembre 1933 1960 à 1983 Restauration de la tour un échafaudage enserrera la tour pendant près de 20 ans..... ! Reprise des travaux en 1980 sous la Direction de Mr Etienne Poncelet Architecte en chef des Monuments Historiques. Les ressauts, les chenaux, et la balustrade sont remis en état, en juillet 1983, on constatera un certain nombres de malfaçons d’où nouvelles interventions des entreprises. Novembre 1983 démontage de l’ échafaudage de la tour. 1984 Purge et calfeutrement des murs du bras sud du transept : la pierre d’origine se disquanne sur d’énormes portions. Un examen de la toiture fait apparaître l’état catastrophique du choeur. 1988 1992 Réfection des toitures hautes au dessus du transept, des absides latérales et du choeur. Monsieur Poncelet a constaté un dangereux abaissement des clefs de l’arc du bras nord du transept avec des fissures de la fenêtre dues à une poussée de l’arc. Il est proposé de placer une pince en béton armé à partir du parement extérieur et de créer un cintre dans la fenêtre avec console. Le tableau de la Mise au tombeau du Christ par Rubens situé en dessous du vitrail est enlevé et déposé au Musée de Cambrai. Le Vitrail sera déposé, et restauré par la Maison Brouard Pendant ce temps les charpentes du transept sont refaites. Il est décidé que les toitures seront refaites à l’ancienne sans pans coupés L’Entreprise Chevalier pose les pierres de remplacement dans les parties hautes des murs, les corniches. L’Entreprise Indelec fait une proposition à la ville de Cambrai pour le paratonnerre : une pointe ionisante sur la flèche, descente et mise à la terre au pied de la tour, puis raccordement aux différents points de l’église avec cinq pointes captrices Le 25 janvier 1990 une tempête avec des rafales de 130 KM/H cause des dégâts considérables sur les anciennes toitures.
Le 6 Novembre 1990, la toile de Rubens est remise en place 1991 verra la restauration des toitures hautes du choeur et du transept sud. On en profitera pour réparer les vitraux des parties hautes. En décembre 1991, une croix absidiale à été posée sur la nouvelle toiture : Il s’agit de la croix potencée de Jérusalem, celle de l’ordre du Saint Sépulcre auquel appartient le Père Michel Dussart, responsable de la Paroisse saint Géry. En avril 1992, le Curé de la Paroisse propose à la Mairie de Cambrai et à la Direction Régionale des Affaires culturelles un projet de restauration de la sacristie (remise en état du plafond voûté, peinture, mise en valeur du mobilier, éclairage des oeuvres d’art. Il fut accepté et réalisé la même année: une volonté de participation de la communauté paroissiale[6] 1996 Après plusieurs années d’études... la Mairie de Cambrai décide de renouveler le chauffage de l’église . Pour établir de nouveaux circuits de ventilation, des tranchées sont creusées : une occasion d’effectuer des fouilles archéologiques : découverte d’une crypte ancienne, de tombes, de murs anciens, romans et gothiques 1997 Restauration des toitures basses
L’EGLISE SAINT GERY de CAMBRAI
QUELQUES DATES
Vers l’an 400 : premières communautés chrétiennes dans le cambrésis. 510 St Vaast est évêque de Cambrai. 584 Saint Géry arrive à Cambrai : mise en place du diocèse des sources de l’Escaut jusqu’à l’embouchure du fleuve. Edification de l’église Saint Pierre. 670 Saint Aubert y est inhumé ainsi que plusieurs de ses successeurs. Des chanoines réguliers de Saint Jean de Latran sont implantés. 966 Incendie. Reconstruction de l’église par Erluin, évêque investi premier du Comté de Cambrésis. 1065 L’évêque Liebert établit en ce lieu, des chanoines réguliers de l’ordre de St Augustin. A son caractère de « Paroisse Première » de la ville, l’église s’ajoute le titre d’abbatiale 1164 L’église romane. L'abbé Gauthier en entreprend à son tour la reconstruction, Nicolas de Chièvres, 38e évêque de Cambrai, ami de Saint Bernard et premier fondateur de l'ancienne Métropole, la consacre en 1164 en ajoutant aux patronages de St Pierre et de St Paul celui de St Aubert. 1160 Adjonction d’un vaste choeur pour les religieux 1543 L'abbé Michel de Franqueville entreprend de remanier et d'agrandir l'église [i]qui comporterait un choeur gothique Les deux bras de la croisée romane avaient été conservés : leur reconstruction est l’oeuvre de l’abbé Jérôme Milot. Les travaux débutèrent en 1634 et furent complétés en 1639 par l’élévation d’une tour lanterne de 60 pieds de haut. Dans l’esprit des nouvelles constructions d’un esprit baroque, l’abbé Milot fait placer en 1635 un nouveau jubé, celui que nous pouvons voir encore aujourd’hui dans le fond de l’église 1697 La reconstruction est confiée à Antoine Caby qui exécute, en fait, les plans de Jean Volant, sieur Desverquains, ingénieur et architecte du Roi Louis XIV : l’église classique. 1727 L’abbé de St Aubert fait achever la tour et construire la flèche d’environ 27 mètres qui la surmonte, une charpente recouverte d’ardoises. Les éléments décoratifs dont la lanterne sont dorés à l’or. 1829 On reconstruit l’arc ogival du mur est de la tour où s’était produit une grande lézarde. 1914-18 La guerre cause de nombreux et graves dommages, des obus britanniques s’abattent sur la façade, le grand choeur. Lors de la reprise de la ville par les canadiens, en octobre 1918, un obus ayant brisé l’un des huit arcs-boutants qui assurent l’équilibre de la coupole du ciborium, celle-ci bascule quelques mois plus tard (1919). 1919 Le 7 Novembre, l’église Saint Géry est classée « Monument Historique de France » Treize années sont nécessaires pour remettre en état l’édifice 1933 La réouverture solennelle fut effectuée le 17 septembre 1933 1955......1984 Restauration de la tour ..! 1988 1992 Réfection des toitures hautes au dessus du transept, des absides latérales et du choeur.. 1996 Restauration des toitures basses.
QUELQUES EVENEMENTS.....
Vers 520, Saint Vaast y établit une communauté de religieux : les chanoines de la Congrégation du Latran ... une tradition monastique qui dura jusqu’en 1792.. Plus tard lorsque les évêques se réinstallèrent à Cambrai, définitivement avec Saint Géry (584 - 624) ils construisirent une cathédrale dédiée à Notre Dame toute proche de l’église Saint-Pierre laquelle fut toujours considérée comme l'église "première" de Cambrai. 645 Saint Aubert fut le septième évêque de Cambrai de 645 à 667 ( ? 70) - Sous le règne des Mérovingiens lui fut accordé le privilège d’établir autour de l’église une communauté de moines Dans ses murs, son corps y fut inhumé. 889 Vers 889, l'évêque Dodilon qui fait agrandir l'enceinte de la ville et renouveler les palissades de bois, y enferme l'église et l'abbaye. Il ordonne le transport du corps de Saint Aubert dans l’église Notre Dame par crainte des Normands qui ravageaient le pays. 1015 En 1015, l'évêque Gérard de Florines[7] dédie solennellement l'édifice aux apôtres Saint-Pierre et Saint-Paul, et y ramène le corps de Saint Aubert qui est renfermé dans une châsse et placé sous le maître autel.
Au cours des siècles, l'abbaye de Saint Aubert, la plus célèbre de Cambrai, appelé " la Maison des Nobles"[8] logea de très illustres personnages. En 1130 ou 1132, l’Abbé de Saint Aubert accueille le pape Innocent II qui célébra la messe dans son église accompagné de Saint Bernard. 1385, Elle hébergea les princes venus à l'occasion du double mariage célébré à Cambrai entre les enfants eu duc de Bourgogne et ceux du duc de Bavière. On y voit ensuite Philippe le Bon, duc de Bourgogne (1449), Maximilien d'Autriche et l'archiduchesse sa femme, accompagnés d'une nombreuse suite (1501) 1529 Puis en 1529, lors de la Paix des Dames, conclue à Cambrai entre Marguerite d'Autriche, tante de Charles Quint et Louise Savoie, mère de François Ier, cette abbaye, comme toute la ville doit donner asile et loger les nombreux personnages amenés par cet important événement. Marguerite d'Autriche réside à l'Abbaye Saint Aubert, Louise de Savoie descend à l'hôtel Saint-Pol tout proche ; une passerelle est établie pour faciliter des allées et venues discrètes : les brèches aménagées à cet effet dans les murs de clôture sont encore visibles. Cambrai compte, en cette circonstance; dans ses murs, huit cardinaux, dix archevêques, trente-trois évêques, quinze ducs, quatre princes, soixante douze comtes et quatre cent seigneurs de haute marque avec leurs suites; tout ce monde y séjourne pendant un mois qui se passe en fêtes continuelles. 1793 Lors de la révolution, cette église de Saint Aubert, sujette antérieurement à tant de vicissitudes, avec son abbaye qui était la plus riche de Cambrai subit le sort de tous les autres monuments religieux.[9] Le culte est supprimé, les religieux dispersés, le monastère vendu et démoli. Le temple lui même, cependant échappe à la destruction en raison de la destination qui lui est donnée en 1793 : on le transforme en « Musée National » ou plus justement en un « débarrassoir ». On amoncelle dans le désordre d’alors, la plupart des objets d’art, volumes, manuscrits enlevés aux autres églises ou monuments religieux de Cambrai et des environs, entre autres, à la célèbre abbaye de Vaucelles[10]et aux hôtels particuliers dont les propriétaires avaient émigré ou avaient péri sur l’échafaud élevé sur la place de Cambrai. A la suite du Concordat, l’église Saint Aubert est rendue au culte en 1802. On lui donne d’abord le titre de Notre Dame et elle devient église cathédrale, mais pendant deux années seulement. En 1804, on affecte à cette destination, l’ancienne église du Saint Sépulcre avec les bâtiments restant de l’abbaye du même nom, comme palais épiscopal. L’ancienne église Saint Aubert prend le titre qu’elle conserve jusqu’à maintenant : église Saint Géry, Patron du diocèse de Cambrai et Saint Aubert. le premier de ces titres servant seul à la désigner habituellement. 1905 La loi de Séparation de l’Eglise et de l’Etat du 9 décembre 1905 change le statut juridique de l’église : c’est la ville de Cambrai qui devient propriétaire. Les bâtiments nécessaires au culte étant toutefois confiés gratuitement à des associations « cultuelles ». Le curé reçoit la dénomination de « desservant » Michel Dussart 4 Septembre 1997 3 . DESCRIPTION DE L’ÉDIFICE
1. La façade de l’édifice est conçue en deux étages successifs dans le modèle grec. On y retrouve l’aspect que présente la partie centrale de l’église des Invalides à Paris, oeuvre contemporaine d’Hardouin-Mansart. ............................................................................................................................ .............................................................................................................................
2. La tour. Cette tour se détache de la façade tout en poursuivant son élévation, sobrement ornée et percée sur chaque face d’une baie munie d’abat-son.
Elle se compose d’un socle sur lequel s’élève un dôme octogonal surmonté d’une lanterne. Celle ci est coiffée d’un nouveau dôme à huit pans se terminant en pointe..[11]. Le tout culmine à 76 mètres. Enfin, l’abbé Pouillaude voulut donner un éclat spécifiquement baroque à ce dôme « Pour cela il la fit dorer par le peintre Antoine Taisne. Des centaines de feuilles d’or furent achetées à Lille et pendant six mois, de juin à décembre 1728, le décorateur s’appliqua à ce travail. Pour finir, une lourde croix de fer, une boule de cuivre et un coq furent fixés au sommet »[12] Il ne semble pas que l’ensemble du dôme fut dorée mais seulement les éléments séparatifs ................. ? les petites lucarnes et le lanterneau. le reste était couvert d’ardoise. Sans doute faut-il imaginer l’ensemble dans le style du dôme des Invalides.
B. La Nef
Elle mesure 35 mètres de long sur 17 de large et 20 mètres de hauteur. Elle comprend cinq travées, la première, sous le clocher est maintenant encastrée sous l’orgue, derrière le jubé et sert de vestibule d’entrée.[13]
La séparation des travées est marquée par de puissants piliers aux pilastres d’ordre corinthien du coté de l’intérieur de la nef et d’ordre ionique du coté des collatéraux. Ces piliers, réunis par des arcs doubleaux sont couronnés de l’entablement comprenant l’archivolte, la frise et la corniche, cette dernière agrémentée de denticules, et de modillons saillants. A la clef des archivoltes, on remarque de gracieuses têtes d’anges très expressives. les ornements dans les tympans, sont tous différents : ils forment rinceaux parmi lesquels se jouent aussi par endroits des anges. Les voûtes de la nef reposent sur de vigoureux doubleaux et sur des arcs diaphragmes Qui les divisent en quatre compartiment rectangulaires; ceux ci coupent les voûtes suivant les axes longitudinaux et transversaux et se réunissent à l’oculus centrale : « croix d’ogive à la moderne ». L’addition des nervures est un simple souvenir gothique ; elles ne servent pas de soutien, mais jouent le rôle des chaînages de pierre dans les murs de brique.
LE JUBÉ
Pour mémoire, il faut rappeler qu’il y eut un premier jubé fut commencé en 1545 sur l’ordre de Michel de Franqueville, premier abbé mitré de Saint Aubert pour l’église collégiale de cette abbaye. Il fut consacré le Ier Mai 1550
C’était l’ancienne séparation du choeur de saint Aubert d’avec la nef de Saint Pierre. Il se trouvait donc primitivement placé vers l’endroit où est aujourd’hui la chaire. Il fut commandé en 1635, par l’Abbé Jérome Millot, à un artiste cambrésien, Gaspard Marsy, et livré en 1638. Il était alors placé à l’entrée du choeur, comme c’était la coutume à cette époque.
L’abbé Tahon qui parait avoir été un grand amateur d’art le fit transporter sous les orgues en 1740, lors de la reconstruction du choeur. Il fut à nouveau déplacé, mais provisoirement, en 1879 pour permettre les travaux de consolidation du clocher repris en sous-oeuvre.
Ses dimensions sont en largeur 10 mètres en hauteur 7,47 mètres en profondeur 1, 70 mètre Il supporte la partie avancée du buffet d’orgue auquel il sert de riche piédestal.
Tout en marbre polychrome, ce magnifique morceau d’art se compose de trois arcades en anse de panier reposant sur quatre colonnes galbées d’ordre dorique fort élégantes. dans les tympans, entre les archivoltes et l’architrave planent des anges portant, les uns une couronne, les autres une palme ou une corne d’abondance.
Au-dessus de l’entablement s’encadrent des panneaux sculptés en demi ronde bosse séparés par quatre colonnettes d’ordre ionique et, dans l’axe par trois niches, abritant des statues. Les bas-reliefs sont surmontés d’une balustrade de moindres proportions et d’un nouvel entablement terminant le monument. Les retours où se profilent les lignes architecturales de la face présentent, à la hauteur des arcatures de beaux médaillons surmontés de frises et de panneaux et faisant suite aux autres.
Les bas-reliefs représentent, en allant de gauche à droite Jésus délivrant un possédé Les noces de Cana La résurrection de Lazare La guérison du paralytique Jésus apaisant la tempête Le miracle de la main desséchée; Ceux des faces latérales ont, comme sujet, celui de droite le miracle de la piscine probatique, celui de gauche, la femme guérie d’une perte de sang;
Les deux médaillons sculptés sous ces panneaux montrent au coté gauche, la figure de saint Grégoire accostée d’une figure allégorique de résurrection, derrière lui un personnage que certains disent être Pierre de Lombard, son secrétaire au coté droit, Saint Jérôme tenant, d’une main, un crucifix et, de l’autre, une pierre devant lui, est une tête de mort posée sur un livre et à ses pieds un lion accroupi. Les statues sont : au milieu, le Sauveur du Monde portant, dans la main gauche, le globe symbolique, et, de la main droite faisant le geste de bénédiction. à droite, Saint Augustin, en costume épiscopal, bénissant de la main droite, et , de l’autre tenant un coeur enflammé à gauche, Saint Ambroise, également en costume épiscopal : à ses pieds, un personnage à genoux ajouté après coup; on ignore qui il représente
Les claveaux des arcatures sont ornés de 15 mascarons aux figures grimaçantes et bizarres, dont les traits, la barbe et les cheveux sont formés de feuilles et de fruits très curieusement disposés.
Les frises sont garnies d’ornements délicats, de rinceaux, de feuillages gracieusement enroulés autours d’amours et de chimères, comme en ont tant produit les artistes de la Renaissance.
Les caissons de l’intrados, des voûtes sont garnis de rosaces ouvragées alternées par des écussons malheureusement mutilés des fondateurs et bienfaiteurs de l’église ; on distingue encore celui qui porte le chiffre de saint Aubert.
Les plinthes, les bases et les chapiteaux du monument sont en marbre belge Les dés et colonnes en griotte de Flandre aux tons chauds et variés de rouges, violets, verts et blancs les moulures des grandes lignes architecturales des archivoltes et architraves en noir et enfin toutes les sculptures des statues, des bas reliefs, des médaillons et des ornements en albâtre.
Cette diversité donne cependant un ensemble harmonieux et agréable qui, joint à la perfection apportée dans tous les détails de la sculpture, fait de ce jubé une oeuvre vraiment supérieure tant par sa conception que par l’habileté et le fini de l’exécution.
[1]L'église de Saint Aubert renfermait vers cette époque plus de 500 marbres et tombeaux qui furent supprimés dans une de ses reconstructions. C'est ce que déplore Le Carpentier, auteur d'une Histoire de Cambrai et du Cambrésis publiée en 1664, lorsqu'il écrit :"Je ne puis penser à cette église sans me plaindre avec la noblesse de quelques abbés des siècles passés qui, voulant le rebâtir ou rehausser, permirent que l'on cassast plusieurs vitres, qu'on ostat plusieurs tableaux et épitaphes et qu'on couvrit du débris de ses vieilles murailles plus de cinq cent marbres et tombeaux" [2] Pour l’étude détaillée des diverses constructions de l’abbatiale Saint Aubert se reporter à la thèse du Professeur Félicien MACHELART - Naissance et Développement de l’art baroque en Cambrésis - La vie artistique d’une province frontière au XVIIe et XVIIIe siècles - Volume 1 1977 Lille III pages 99 à 109 - 225 à 234 et 318 à 328
[3] Machelart Op cit page 225
[4] Abrégé de l’histoire de l’abbaye Saint Aubert rédigé en 1710 par l’abbé Joseph Pouillaude.
[5] Au milieu du XIXe siècle, il sera nécessaire de faire des travaux importants de soutènement - voire descriptif dans les archives paroissiales de Saint Géry , en particulier le Cahier de la Fabrique. [6] Le récapitulatif des interventions depuis 1982 reprend des données des rapports de chantier du Cabinet Poncelet Somville XIV rue du Gros Gérard Lille [7]Gérard de Florines est le fondateur de la petite chapelle qui donna naissance à l'église et à l'abbaye du Saint Sépulcre
[8]Par privilège du Roi Dagobert, l'abbaye de Saint Aubert était dite "royale" [9] L’abbaye formait une vaste et belle construction d’ordre dorique et ionique; les cloîtres dont la voûte était en pierre de taille élégamment sculptée présentaient un for bel aspect. L’ensemble de cette abbaye comprenait tout l’îlot de terrain délimité par les rues de la Caille, de Saint Aubert, de saint Jérôme (actuellement Godeliez Bolvin) du Marché aux Poissons, de Sainte Agnes (actuellement Grande Rue Vanderburch, moins dans cette dernière rue, la réunion d’une douzaine de petites maisons formant ce qu’on appelait les petites boucheries [10] L’autel de la patrie dressée sur la grand place de Cambrai le 10 prairial an 2 ( 10 juin 1794) provenait de l’abbaye de Vaucelles située à 13 Kilomètres de Cambrai - Actuellement il n’en reste que le « tombeau » lui même - c’est à dire la partie basse, en éliminant les ajoutes du XIXe réalisées pour l’allonger. [11] Machelart op cit page 230 [12] Machelart op cit page 231. [13] Le volume de la nef se trouve donc tronquée d’un cinquième de sa taille originale à la différence de celle de l’abbaye du Saint Sépulcre devenue cathédrale. [i] Pour l’étude détaillée des diverses constructions de l’abbatiale Saint Aubert se reporter à la thèse du Professeur Félicien MACHELART - Naissance et Développement de l’art baroque en Cambrésis - La vie artistique d’une province frontière au XVIIe et XVIIIe siècles - Volume 1 1977 Lille III pages 99 à 109 - 225 à 234 et 318 à 328
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